mardi 25 juillet 2017

Jean-Claude Michéa, "Décroissance ou barbarie"



« La conviction reposante (et source, en général, d’une bonne conscience inébranlable) selon laquelle tout pas en avant – qu’il s’agisse de l’élimination de l’agriculture paysanne par la biochimie de Monsanto, du dernier gadget de Microsoft, ou de la fabrication en série d’enfants « parfaits » par les tenants d’un nouvel eugénisme libéral – représenterait, par définition, un pas dans la bonne direction suffit ainsi à expliquer – abstraction faite de tout autre facteur historique concret – l’incapacité pathétique de la gauche moderne à rompre avec cet imaginaire de la croissance perpétuelle qui soutient, depuis le XIXème siècle, chaque nouvelle avancée de la société libérale.
Elle explique également ce qui devait nécessairement conduire, un jour ou l’autre, cette « gauche de progrès » à voir dans toute critique un peu radicale des conditions morales, psychologiques et culturelles de l’accumulation illimitée du capital (et, par conséquent, dans toute notion de limite, de seuil ou d’interdit) le signe même d’une « droitisation » de la société voire, pour les plus inventifs, celui d’un inquiétant complot « rouge-brun ».
Il reste que tous les efforts des gardiens du Temple pour conférer au déclin libéral de la gauche la noble apparence d’une croisade « antifasciste » (selon la stratégie mise au point par BHL, dès 1981, dans « L’idéologie française ») se heurtent désormais au scepticisme grandissant des gens ordinaires. C’est qu’aujourd’hui, comme le constatait déjà Guy Debord dans « In Girum », « il ne reste rien des caractères d’une lutte entre la conservation et le changement ». En réalité, ce sont bien deux conceptions irréconciliables du « changement » (ou du « progrès ») qui s’affrontent à présent, dont l’une coincide – depuis bientôt un demi-siècle – avec la marche en avant suicidaire du capitalisme, et l’autre avec le projet d’un monde égalitaire et convivial dont l’idéal de liberté s’enracine dans le sens des limites et la décence commune. Le choix crucial, en somme, entre décroissance ou barbarie. »

Jean-Claude Michéa, La Décroissance (juillet-août 2015)

lundi 19 juin 2017

Séminaire de juillet : George Steiner



Un séminaire se tiendra du lundi 3 au vendredi 7 juillet à la maison des associations de Biarritz.

Tous les matins de 10 heures à midi (sauf le mercredi), nous nous retrouverons pour étudier la pensée du grand humaniste George Steiner.

Voici le bref portrait qu’en propose les éditions des Belles Lettres :
 
George Steiner est né à Paris de parents juifs viennois, le 23 avril 1929. Il quitte la France en 1940 pour New York où il poursuivra ses études au Lycée français. Après des études aux États-Unis et en Angleterre, George Steiner, critique littéraire et professeur de littérature anglaise et comparée à Genève, connaît un succès notoire avec son cours sur Shakespeare ; son enseignement genevois se double d'une activité de conférencier auprès des instituts universitaires les plus prestigieux du monde. George Steiner ne se définit lui-même ni en tant que critique, ni en tant qu’écrivain ou universitaire, mais bien plutôt comme « maître à lire ». Ses lectures infinies se sont cristallisées aussi bien dans ses articles publiés dans le New Yorker que dans d’innombrables publications.
Il est notamment l’auteur de La Mort de la tragédie (1961) - Langage et silence (1967) - La Culture contre l’homme (1971) - Après Babel (1975) - Le Transport de A. H. (1979) - Les Antigones (1984) - Réelles présences (1989) et, tout récemment, Maîtres et disciples (2003), Une certaine idée de l’Europe (2005) et Dix raisons (possibles) à la tristesse de pensée (2005).
Homme des livres, infatigable et brillant passeur, il a su puiser dans les ressources de la culture, des idées, des œuvres d’art pour faire face à une histoire empreinte de violence. S’en dégage un itinéraire lumineux et instructif que nous nous efforcerons de retracer.
L’inscription est de 80 euros.

Vous pouvez vous inscrire ou obtenir plus d'informations
ou en appelant au 06 48 12 54 45


Christophe Lamoure

mercredi 14 juin 2017

Conférence de Baroja



Sophie Wahnich, dernière conférencière de cette saison, vient de se désister.
Par conséquent, vendredi 16 juin à 20h30 aux Ecuries de Baroja (Anglet), vous pourrez écouter Christophe Lamoure, professeur de philosophie, prononcer la conférence :

Pourquoi lire ? La quête du sens comme exercice spirituel.

Lire paraît être un acte ordinaire et sans mystère, tant nous y sommes accoutumés dans nos sociétés alphabétisées. Bien entendu, nous savons qu'il s'agit d'une opération complexe qui engage des facultés très remarquables, produits dune longue durée où s'entrecroisent développement neurologique et histoire sociale. Mais lire un texte ne suppose-t-il que la mobilisation de compétences cognitives ? Est-ce même l'aspect fondamental ? N'est-il pas plus avisé de comprendre la lecture comme une prière ? Et si tel est le cas, de quel genre de prière s'agit-il et quelles conditions sont nécessaires pour qu'elle s'exécute ? Enfin, quel peut être le sens de cet exercice spirituel ?

mercredi 17 mai 2017

Macronmania ?

SOURCE :
http://www.liberation.fr/debats/2017/05/14/resistance-a-la-macronmania-premieres-pistes_1569475


Chronique «Médiatiques»

Résistance à la macronmania, premières pistes

Par Daniel Schneidermann  
 
      C’est justement parce que le nouveau président exerce une indéniable séduction qu’il va falloir faire preuve de la plus grande vigilance.
 
Qu’il soit séduisant, pourquoi le nier? Il paraît que de vieux autocrates des affaires y ont succombé, dans les années Rothschild. Et comment ne pas succomber à la sympathie pour ce jeune homme, tel que le montrait le documentaire de Yann L’Hénoret diffusé sur TF1 dès le lundi soir, Macron : les coulisses d’une victoire.
Ce jeune homme qui «se marre» en visionnant les images où on le voit recevoir un œuf «sur la tronche» au Salon de l’agriculture, qui obtempère quand son épouse lui interdit le chocolat, et qui brave les consignes de ses gardes du corps pour aller à la rencontre de manifestants ?
Il faut donc d’abord la reconnaître, cette séduction. La nommer. Oui Emmanuel Macron est sympathique, attentif avec l’entourage, bluffant, brillant, zen, tout ce qu’on voudra. Oui, son entourage est tout aussi sympa, à commencer par sa jeune chargée de presse franco-sénégalaise, Sibeth Ndiaye, que le documentaire nous montre courant et se faufilant partout, avec ses baskets et qui, logiquement, crève l’écran. Oui, dans les premières minutes du documentaire, une bonne partie de la France s’exclama : «Mais il est vraiment sympa, en fait.» Rien d’étonnant: tout nouveau pouvoir rayonne d’abord de fraîcheur, de bonnes intentions, fait irrésistiblement lever des espérances, et celui-ci comme les autres.
Ne pas la nier, cette séduction, pour parer au premier danger: être ringardisé, rejeté dans le camp des sceptiques professionnels, des grincheux, des cœurs secs. Mais s’il faut la reconnaître, c’est justement pour mieux chercher à s’en dégager. Car Emmanuel Macron, maintenant, c’est le pouvoir. Et tout pouvoir ne peut que chercher à imposer une légende, un roman, il va raconter une histoire. Image dont il importe, aujourd’hui comme hier, pour sa survie intellectuelle, et tout simplement pour la démocratie, de se mettre à distance.
Les premières minutes du documentaire de TF1, donc, réussirent pleinement leur percée dans les consciences. Coolitude de tous les instants, jamais un mot plus haut que l’autre, jamais une soufflante du boss à son équipe, jamais un croche-patte, jamais une rivalité dans cette équipe. Puis, survient l’erreur: le traitement du soir du premier tour, et ces faux pas en série. Le discours prématurément triomphaliste, et l’épisode de la Rotonde, on attend de voir comment le réalisateur va s’en sortir. On attend: et puis rien. La Rotonde passe comme une lettre à la Poste. Et c’est ici qu’on commence à se méfier. Tiens, tiens. Il peut donc y avoir du hors champ. Et quel serait-il, ce hors champ? Reviennent alors des souvenirs désordonnés. Tiens, tiens, Macron n’a-t-il pas éjecté un de ses conseillers santé, quand la presse révéla qu’il était rémunéré par Servier? Pas un mot. Et les cafouillages sur le programme qui ne venait pas? Pas une image. Et les fausses paparazzades avec Brigitte, organisées par la nommée Mimi Marchand, «reine des people», et intime du couple ? Pas un bout d’image. Et à propos, la si sympathique Sibeth Ndiaye, engueulant au téléphone un journaliste des Inrocks: qu’est-ce donc, au fond, qu’une attachée de presse de mauvaise foi tentant de sauver la mise à son boss, après un dérapage dudit boss ?
Dans les JT, logiquement macronisés ces derniers jours, même mécanique de mise hors champ des notes discordantes. Aux premières rebuffades précoces venues d’Allemagne et de Bruxelles est réservée la même portion congrue, alors que c’est la seule chose qui va compter. Le soir suivant la publication des investitures, au 20 heures de France 2, dans un long sujet sur la sélection des futurs députés, pas un mot sur le caillou Bayrou dans la chaussure du nouveau président.
Dans les portraits, même topo. Un article du Monde retrace la carrière d’Emmanuel Macron chez Rothschild. Mais élude en quelques lignes l’anecdote la plus dérangeante pour le storytelling : comment le jeune banquier, ayant proposé son aide gracieuse aux journalistes lors de la vente du Monde, se fit courser dans un escalier par l’un d’entre eux, qui avait découvert par hasard qu’il roulait clandestinement pour un des repreneurs du journal. Plus l’image sera belle, plus il faudra chercher le hors champ.
 

mardi 16 mai 2017

Quel député était Edouard Philippe, nouveau premier ministre ?

SOURCE :
http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2017/05/16/votes-assiduite-qui-etait-le-depute-edouard-philippe-nouveau-premier-ministre_5128601_4355770.html

Le premier ministre choisi par Emmanuel Macron vient de passer cinq ans à l’Assemblée nationale. Portrait du nouveau chef du gouvernement à travers son travail parlementaire.
LE MONDE | • Mis à jour le |
 Par
                 

C’est un homme sans expérience gouvernementale qui est entré, lundi 15 mai, à Matignon. Emmanuel Macron a choisi Edouard Philippe, député Les Républicains, par ailleurs maire du Havre (Seine-Maritime) et proche d’Alain Juppé, pour prendre la tête du nouveau gouvernement. Le président de la République l’a désigné pour former une majorité « de renouvellement » et pour « recomposer la vie politique ».

Peu connu du grand public, Edouard Philippe a pourtant fréquenté les bancs de l’Assemblée nationale pendant cinq ans. Heures de présence, votes de textes emblématiques : portrait parlementaire d’un élu très souvent en opposition avec le gouvernement… et avec des projets aujourd’hui portés par Emmanuel Macron.

Un député peu présent et peu actif à l’Assemblée

Le travail de député ne se limite pas aux votes. Commissions parlementaires, questions orales et écrites, propositions d’amendements font aussi partie du quotidien des 577 représentants du peuple au Palais-Bourbon. Les uns et les autres s’y attellent avec plus ou moins d’assiduité.
Les chiffres du député Edouard Philippe le situent plutôt dans le bas du classement. En termes de présence, le député LR de la septième circonscription de Seine-Maritime, également maire du Havre, a été en commission et/ou a pris la parole dans l’hémicycle 113 semaines sur les 204 que compte son mandat.
Même constat quant aux jours de présence en commission. Membre de la commission des lois, M. Philippe a également participé à des réunions de la commission de la défense et de celle du développement durable. Au total, il s’est rendu 124 jours aux réunions de travail, alors que la médiane de la présence des députés en commission est de 192 jours (c’est-à-dire que la moitié des députés ont été en commission moins de 192 jours tandis que l’autre moitié a été présente plus de 192 jours).
Nous faisons ici le choix d’utiliser la médiane et non la moyenne car cette dernière peut être « faussée » par les valeurs extrêmes (ici, les députés toujours ou jamais présents), ce qui n’est pas le cas de la médiane.


Le député Edouard Philippe, moins présent que les autres

Dans son travail parlementaire effectif, le maire du Havre se retrouve également dans les rangs des mauvais élèves du Parlement. Que ce soit en nombre d’interventions en commission ou dans l’hémicycle, en nombre d’amendements proposés ou de questions orales posées, Edouard Philippe se trouve toujours en deçà de la médiane de ses collègues députés.
1 835 amendements signés
Un seul critère le situe au-dessus de la médiane : le nombre d’amendements signés. Le nouveau premier ministre a apposé son nom sur 1 835 amendements contre 1 597 pour la médiane de députés. Attention, il ne s’agit pas du nombre d’amendements déposés par le député lui-même mais du total de ceux sur lesquels il a rejoint d’autres de ses camarades.


Edouard Philippe, parmi les moins actifs à l'Assemblée Nationale

 
Ces chiffres, agrégés et relayés par NosDéputés.fr – un site indépendant qui compile toutes les données disponibles sur le travail parlementaire – le placent dans les cent cinquante députés les moins actifs à l’Assemblée nationale.

Edouard Philippe n’a pas voté la majorité des lois emblématiques du quinquennat

Le nouveau premier ministre a montré son opposition à la quasi-totalité des principales lois du dernier quinquennat. Or, Emmanuel Macron souhaite conserver, voire renforcer, plusieurs d’entre elles, comme nous l’avions montré dans cet article. Nous avons retracé les votes d’Edouard Philippe sur une dizaine de textes. Les lois Macron et El Khomri n’y figurent pas car elles ont été adoptées sans vote des parlementaires, avec l’article 49 alinéa 3 de la Constitution. Le nouveau locataire de Matignon a cependant voté les motions de censure contre le gouvernement à chaque fois.

Il a voté pour

  • La loi sur les droits des personnes en fin de vie
Il s’agissait d’une proposition de loi de deux députés, Jean Leonetti (LR) et Alain Claeys (PS). Elle a introduit le droit à la « sédation profonde et continue » jusqu’au décès pour les malades en phase terminale, ainsi que les directives anticipées contraignantes. Il s’agissait d’un engagement de campagne de François Hollande.
M. Philippe a voté pour, comme la majorité des députés de son camp. Une quarantaine d’élus UMP avaient voté contre ou s’étaient abstenus. Aucune mesure pour la fin de vie ne figure toutefois au programme d’Emmanuel Macron, qui a dit se satisfaire de cette loi et souhaiter un « débat national » sur le sujet.


  • Les moyens affectés à la police et à l’armée contre le terrorisme
En 2016, le gouvernement a proposé une loi octroyant de nouveaux moyens d’investigation aux juges et aux procureurs. Le nouveau premier ministre a voté pour, comme la quasi-totalité des députés LR. De même, il a soutenu les multiples prolongation de l’état d’urgence.
En revanche, Edouard Philippe s’était fermement opposé à la « loi renseignement » en 2015 car elle réduisait, selon lui, les libertés individuelles. Contrairement à la majorité des députés LR, il avait voté contre.

Il s’est abstenu

  • Loi sur l’égalité hommes-femmes
Edouard Philippe s’était abstenu, au diapason de son camp, sur le projet de loi de 2014 qui visait à renforcer l’égalité entre les femmes et les hommes dans la société. Parmi ses principales dispositions, on trouve l’extension du délit d’entrave à l’interruption volontaire de grossesse, le renforcement des droits des pères salariés, la création d’un délit général de harcèlement ou encore l’interdiction des concours de beauté pour les moins de 13 ans.
Tous les députés UMP n’avaient cependant pas fait le même choix que M. Philippe : vingt et un avaient voté contre et onze avaient voté pour.


  • Le mariage pour tous
Le nouveau premier ministre s’était également abstenu lors du vote de cette loi emblématique du quinquennat Hollande, comme Nathalie Kosciusko-Morizet ou Bruno Le Maire. Il était alors en désaccord avec la très grande majorité du groupe UMP de l’époque, qui avait voté contre. Mais certains, comme Benoist Apparu ou Franck Riester, avaient voté en faveur du texte porté par Christiane Taubira (Luc Chatel et Henri Guaino en ont fait de même, mais par erreur).
Emmanuel Macron a promis de prolonger cette loi en ouvrant le droit à la procréation médicalement assistée aux couples de femmes.


Il a voté contre

  • La transparence et la moralisation de la vie publique
Adoptée en 2013, cette loi a créé la Haute Autorité de la transparence de la vie publique (HATVP) et la peine d’inéligibilité de dix ans pour les élus et ministres condamnés pour corruption, trafic d’influence, fraude électorale ou fiscale. Emmanuel Macron a promis non seulement d’appliquer mais aussi de renforcer ces mesures de moralisation de la vie publique.
Son nouveau premier ministre a voté contre les deux textes qui ont porté ces réformes. Tous les députés à l’époque UMP ne l’ont pas fait : Thierry Mariani et Gérald Darmanin se sont abstenus. D’autres, comme Patrick Hetzel ou Laurent Wauquiez, ont voté pour.
Edouard Philippe a également voté contre la loi relative à la fraude fiscale et à la grande délinquance économique et financière, qui a notamment créé le Parquet national financier.


  • La lutte contre le système prostitutionnel
Ce texte comportait notamment la pénalisation des clients, l’interdiction d’achat d’acte sexuel et le renforcement des moyens de poursuite contre la traite des êtres humains et le proxénétisme. Le nouveau premier ministre a voté contre, comme la majorité du groupe UMP. Pourtant, une quarantaine de députés de droite avaient décidé de s’abstenir, dont Benoist Apparu, Christian Jacob ou François Fillon. Onze autres avaient même soutenu la loi, comme Thierry Solère ou Nathalie Kosciusko-Morizet.


  • La loi sur la transition énergétique
Ce texte a fixé des objectifs de moyen terme pour la France, comme baisser la part du nucléaire à 50 % de la production d’électricité d’ici à 2025, le développement des énergies renouvelables, ou encore la baisse de la consommation d’énergies fossiles de 30 % d’ici à 2030. Le programme écologique d’Emmanuel Macron s’inscrit dans la parfaite continuité de cette loi.
Là encore, M. Philippe a voté contre, comme la quasi-totalité son groupe parlementaire (un seul député s’est abstenu).
  • La réforme territoriale
En 2015, la loi NOTRe a réduit le nombre de régions métropolitaines à treize et a renforcé leurs pouvoirs. Comme 193 députés LR, Edouard Philippe a voté contre. Emmanuel Macron n’envisage pas de revenir sur cette réforme et souhaite désormais réduire le nombre de départements en les fusionnant avec les grandes métropoles quand cela est possible.
  • La baisse de d’impôts et de cotisations sociales pour les entreprises
Il s’agit là de l’une des principales mesures de la politique économique d’Emmanuel Macron, qui souhaite réduire à la fois l’impôt sur les sociétés et les cotisations salariales et patronales. Il poursuit en ce sens une politique amorcée par François Hollande.
Le crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE), premier volet de la baisse des charges pour les entreprises, a été adopté dans le projet de loi de finances rectificatif de 2012. Le nouveau premier ministre a voté contre ce texte, comme la quasi-totalité de son camp (un député seulement s’est abstenu). Le CICE avait été introduit par un amendement du gouvernement, et peu de députés étaient présents dans l’hémicycle au moment de son adoption. Les quelques parlementaires UMP ont voté contre.
Deux ans plus tard, les principales dispositions du pacte de responsabilité, notamment la baisse des cotisations sociales pour les entreprises, figuraient dans le projet de loi de financement rectificatif de la Sécurité sociale 2014, et M. Philippe n’était pas présent au moment du vote.
  • Le non-cumul des mandats
La loi de 2014 a interdit le cumul de fonctions exécutives locales avec un mandat de député ou de sénateur. Le nouveau président de la République a promis le respect de ce texte, et son renforcement : il prévoit d’interdire le cumul des mandats dans le temps. Son nouveau premier ministre, lui, avait voté contre, comme presque toute sa famille politique. Cinq d’entre eux, comme Thierry Solère, avaient voté pour.
Il est difficile de conclure à une réelle opposition d’Edouard Philippe à tous ces textes, tant l’appartenance aux partis structure les votes à l’Assemblée nationale. Mais ces exemples montrent que le nouveau premier ministre s’inscrivait jusqu’ici dans la tradition de la discipline partisane, qu’Emmanuel Macron a assuré vouloir dépasser.
 

mercredi 10 mai 2017

Conférence de Baroja

 


Vendredi 12 mai à 20h30 aux Ecuries de Baroja (Anglet), Nathalie Heinich, sociologue, prononcera la conférence :

Qu'est-ce qu'une valeur ?
 
"Valeurs" : jamais ce terme n'a été aussi fréquemment invoqué, alors même qu'il est peu ou mal défini. Plutôt que de contourner ou de disqualifier la question, Nathalie Heinich la prend au sérieux, avec les outils de la sociologie, en adoptant une approche compréhensive et résolument neutre. Elle montre ainsi que les valeurs ne sont ni des réalités ni des illusions mais des représentations collectives, cohérentes et agissantes.

La conférence sera suivie d'une séance de dédicaces de son dernier ouvrage, Des valeurs, avec la participation de la librairie de la Rue en Pente (Bayonne).

 
Entrée libre, réservation conseillée (05 59 58 35 60 ).